AQUARIUS RECORDS
We've really been enjoying this find from Finland: Magyar Posse have put together a really great set of sweeping, emotive post-rock instrumentals highly reminiscent of the excellent, out of print "La Planete Sauvage" (aka Fantastic Planet) soundtrack, believe it or not. Orchestral embellishments introduce the icy sounds of reverb-laden guitar and trembling electric organ. Suave drums and spooky glockenspiel melodies mix with manifestations of krautrock in the funky basslines and oscillating, Moog-y synth sounds. Occasionally, plaintive vocals are subtly placed low in the mix, buried in layers of echo. And is that the haunting voice of a musical saw I hear? Why yes, it is! The whole thing builds into climactic crescendos a la Godspeed You Black Emperor. Truly splendid! Andee actually saw this band play when he was visiting over in Finland not long ago -- they hail from Pori, also the hometown of AQ-faves Circle, and we think any Circle fans ought to like the Posse. It's really majestic, beautiful stuff, and more original and a lot less wimpy than the general run of post-rock that they might get lumped in with. Recommended.
Magyar Posse est un groupe de post-rock finlandais. Cet album est le premier du groupe, sorti en 2002 et distribué depuis peu par Oscill en France. Qui dit post-rock, dit tout de suite enième groupe à influence Tortoise, Mogwai et Godspeed... Or Magyar Posse est plus que cela.
Sur le site de leur label, on trouve par exemple une référence à Ennio Morricone qui peut surprendre. Mais la vérité n'est pas loin. A l'écoute de cet album, on se demande forcément s'il ne s'agit pas de la bande originale d'un film. Je me suis moi-même repassé le CD plusieurs fois, convaincu qu'un thème revenait de manière récurrente dans les morceaux.
L'album comporte 8 pistes que Yann Tiersen et Mogwai auraient pu composer ensemble. Les intros et les instruments employés dans les premiers morceaux "Sleepwalker" et "Witchcraft", font penser à l'homme orchestre français, alors que le son des Ecossais se retrouve dans "Pacific Ocean". "The Endless Cycle Of Violence" enfin est une sorte de démonstration de puissance du groupe, bon exemple de montée lente et incessante "à la Godspeed".
Alors la question est: cet amalgame est-il réussi ? La réponse est oui, l'argument principal étant la cohérence de l'album, l'impression bizarre que l'on a écouté une seule et unique piste de 46 minutes, bande originale de ces trois derniers quarts d'heure...
Pour les curieux et les déjà convertis, Magyar Posse se produira le 28 juin au Glaz'art à Paris. C'est leur première tournée en France.
Personnellement j'ai hâte d'y être...
17/20 Kacamb
You might guess that this four-piece instrumental band are Hungarian, but in fact they're Finnish. Their music is most easily described by mentioning Godspeed You Black Emperor!, but it's far mellower and without so much of the overwhelming sadness and theatrics that you associate with the aforementioned French Canadian soundscapers.
So Magyar Posse has as much in common with Godspeed as it does Sonna (also reviewed in this issue). While the compositional waves build in gradual increments of passion here and there (drawing the comparison to Godspeed), the feeling doesn't go so high or low on the emotional or bombastic scale, and have that could-be-elevator-music in the coolest indie record label on the planet's HQ feel to it. There are some atmospheric female vocals here, too, which work quite well. While some seem to enjoy the extended voice clips featured on most of the Godspeed albums, there is thankfully nothing of the sort here to break things up (in case you were wondering.) We Will Take You Over the Mountains may not be an essential release, but it has its share of moments.
Roberto Martinelli
Il y a des découvertes que l'on ne regrette jamais d'avoir fait. On en parle à tout le monde et en même temps on souhaiterait les garder pour soi dans une schizophrénie incompréhensible. Magyar Posse fait partie de ces groupes inconnus mais extrêmement précieux dont on se refile les oeuvres sous le manteau, les mains tremblantes.
Le plus difficile pour les non-initiés, consiste à identifier ce qu'est exactement Magyar Posse. Cela saute d'abord aux yeux : Magyar Posse boxe dans la catégorie post-rock aux côtés des parrains Tortoise et de leurs petits frères écossais de Mogwaï. Dans l'élégie de leurs guitares, poignantes et tendres, on retrouve surtout l'intensité des agitateurs de Godspeed you black emperor! et de leurs petits, tous chez Constellation, label canadien qui n'a pas de prix. Et puis vient le deuxième effet Magyar Posse qui sait puiser dans d'autres terrains, vers d'autres sphères. Cette originalité est d'aller chercher la musique d'Ennio Morriconne au fin fond de l'Ouest américain (ou de la Laponie) et de la marier à ce rock mutant ("Sleepwalker" au hasard). Autre morceau de bravoure, convoquer une électro violemment rageuse au banquet d'"Enemy Within" pour en faire un thème Jamesbondesque sous acide. On verrait aussi très bien les musiques de Magyar Posse dans la bande originale d'un film de David Lynch tant elle demeure intrigante, insaisissable. On jurerait que la voix qui murmure sur l'entrée du morceau "Single Sparks Are Spectral Fire" est celle de Laura Palmer revenue de l'Enfer, marchant avec le feu. Difficile aussi d'imaginer que ce "Pacific Ocean/Death In The Desert" n'ait pas été écrit par Angelo Badalamenti.
Il faudra donc du temps et des écoutes innombrables pour percer tous les mystères de Magyar Posse. Un indice insignifiant est caché dans le nom de Magyar Posse et que seuls les linguistes peuvent expliquer. Magyar signifie "hongrois". Or le finnois, langue des Finlandais, n'a qu'un équivalent dans le monde : le hongrois. Mais aujourd'hui avec ce "We Will Carry You Over The Mountains", le groupe parle à tout le monde. Et dans toutes les langues à la fois.
5/5 Julien Damien
Olli Joukio, Jari Lähteinen, Pasi Salmi, Harri Sippola… Amateurs de post-rock, retenez ces noms. En 2002, les quatre amis signèrent l’un de ces disques qui remuent profondément. Pourtant un peu blasé par cette vague d’albums quasi identiques dans lesquels des musiciens poly-instrumentistes créaient des vagues sonores et cinématographiques, je ne résistai pas à ce premier jet des Finlandais. Plus de grâce, plus de douceur et de discrétion que dans d’autres disques (la scie musicale et les petites cloches de « Withcraft », la structure tournante, hypnotique de « The Endless Cycle Of Violence » en témoignent). Des chants murmurés comme autant de complaintes pour une subtile harmonie de tendresse et de tristesse. Une voix féminine qui dialoguait avec une guitare et un orgue (« Singing Sparks Are Spectral Fires »). Des tournures plus épiques pour une fin du monde en incrustation (final de « Singing… », explosion façon « Virgin Suicide » sur le morceau-phare autour duquel tout l’album se construit : « Enemy Within »). Un orientalisme délicieusement rétro qui plonge dans le Godspeed You ! Black Emperor de qualité (« Pacific Ocean / Death In The Desert », « Lufthan » comme suppléments au film « More »), pop mélancolique sur le titre cinq et l’introduction acoustique en clappements de mains, guitare sèche et djumbes de « Enemy Within »… Ces huit morceaux s’enchaînaient les uns aux autres avec naturel pour créer autant de sautes d’humeur, de la révolte au sommeil, de la joie à l’agonie
Un effort incroyable fut apporté par Sami Sänpäkkilä (encore un autre nom à retenir ?) à la prise de son qui variait les ambiances et captait le groupe de près ou de loin. Superposition de pistes qui ne perd rien des nuances (« Enemy Within »), souffle mécanique sortant d’une de ces usines ou bâtiment représenté sur la couverture : Magyar Posse, c’est comme la découverte d’un volcan dans les souterrains d’une ville désertée.
Et si, argument ultime, je vous disais que c’est suite à l’écoute de cet album que quelques Français illuminés décidèrent de quitter leurs boulots respectifs et de monter un label de distribution ? Avec « We Will Cary You Over The Mountains », Magyar Posse mirent la barre très haut et « Kings Of Time », leur deuxième opus, n’atteignit pas cette grandeur. Attendons dès lors le troisième album en croisant les doigts : et s’ils renouvelaient leur exploit ?
90/100 Sylvain
Viinissä on totuus, kuuluu muuankin iäkäs mietelause. Tiedä tuosta sitten, mutta Magyar –viinipullossa oli ainakin totuus uudesta nimestä Alibi Of Carlos -miehistölle herrojen istuessa iltaa halvan unkarilaisen valkoviinin merkeissä. Unenomaista instrumentaali/elokuvatulkintaa hypnoottisella huminalla soittava posse lähestyy kansaa nyt pitkäsoitollaan We Will Carry You Over The Mountains. Päästäänkö vuorten yli ja millainen se matka on, siihen pureudutaan nyt toviksi.
Levy alkaa pienen alkuvirityksen jälkeen uhkaavasti humisevalla, unenomaisella Sleepwalkerilla. Unissakävelijä on todellakin nimensä mukainen tarina, tunnelma kuin Neil Gaimanin sarjakuvissa tai vaikkapa yöllisellä autoajelulla autiossa kaupungissa tai loputtomalla yksinäisellä valtatiellä. Sydämen sykettä, säännöllistä huminaa ja hälyääniä. Witchcraft jatkaa Massive Attack -maisella sykkeellä, noituus nostaa mieleen ei niinkään pelottavaa kuin rituaalista halloweenhenkeä. Nopeammissakin osuuksissa säilyy unenomaisuus ja hypnoottinen leijailu. Ennio Morricone on nimi, joka usein yhtyeeseen liitetään, eikä suotta. Singlesparks Are Spectral Fires käyttää Laura Sorvalan ääntä instrumenttina leijuvassa alussaan, josta kiihdytellään melkein tanssitempoiseen hypnoosiin. Tosin alakuloisesti junnaten. Epätoivoisen kaunis ja upea kappale kuin klassista unisinfoniaa.
Pacific Ocean/Death In The Desert jatkaa samaa linjaa tasaisella junnauksella, loppu kiihtyy melkoiseen raivoon. Myrsky Tyynellämerellä vai elämän viimeisen henkäyksen karkaaminen aavikolla? Vaiko kenties haaksirikon jälkeinen kuolema porottavassa hiekkahelvetissä? No, myrskykin laantuu ja uutta elämää syntyy vanhan tilalle. Bassoa on, koskettimia ja rumputikkausta. Hivenen kitaraakin. Humisevalla urulla ja kitaralla edetään nimettömän viitosbiisin kera, joka etenee kauniina ja rauhallisena musiikillisena tarinana. Jokainen muodostakoon tästä omansa. Nuotiolaulutunnelmissa mennään hetki Enemy Withinillä. Dai-dai---da-da-da-da-dai-dai.... Tunnelma muuttuu täysin kappaleen lähtiessä hurjastelemaan, suorastaan tykittämään eteenpäin. Takaa-ajoleffaa kenties? Vai erittäin vauhdikas avaruusräiskintäpeli? Alakuloisen rauhallinen taustavire säilyy silti uskomattoman hyvin, vaikka kappale voisi olla jopa Nine Inch Nailsin instrumentaaleja. Kellopeli-ksylofoni kilkatuksella alkaa junnaava The Endless Cycle Of Violence, joka kiihtyy pikkuhiljaa yhä psykoottisemmaksi, spiraalin huippu lähenee. Uhkaavaa ilman muuta, jopa hivenen pelottavaa. Junnaavan päätarinan alle kätkeytyy hiljaisempia sivujuonia, jotka kaikki syöksyvät yhdessä ujeltavaan loppuunsa kliimaksissa. Vain humina jää sekin hiljalleen haihtuen. Upeeta, saadana!
Kirkkouruilla rullaillaan viimeisessä taidonnäytteessä, jonka nimestä Lufthan nousi mielleyhtymä saksalaiseen lentoyhtiöön. Paljon aiempia positiivisemmassa hengessä leijaillaan Lufthanin siivillä, pieniä pulppuiluja juoksevan lennon mausteina. Herrojen Joukio, Lähteinen, Salmi ja Sippola muodostama musiikillinen brotherhood vieraineen haluaa nostaa kuulijan alakulon alhosta positiiviseen lähtökiitoon kohti avaraa sinitaivasta. Tämä levy kannattaa pyydystää ja keskittyä siihen hetkinen. Tämä levy vaatii paneutumista, sillä vasta keskittynyt kuuntelu tuo esiin levyn parhaimmillaan. Tämä levy on melkoisen loistava, mutta ehkä vielä jotain olisi toivonut. Keikka sykähdytti nimittäin vielä enemmän. Silti kiitettävä suoritus.
4,5/5 Ilkka Valpasvuo
"Melankolinen pitkä kaari. Kaunis suuri ääni. Pori." Näin lukee Magyar Possen albumidebyytin mukana tulleessa infokortissa. Kyseiset seitsemän sanaa määrittävät levyn sisällön varsin tyhjentävästi.
Jo viime vuoden lopulla äänitetty We Will Carry You Over The Mountains on ällistyttävän valmis statement porilaisviisikolta, olkoonkin että iso osa sen jäsenistä on soittanut yhdessä jo vuosikaudet. Yhtyeen musiikki on täysin omaehtoista, erittäin elokuvallista ja maalauksellista eikä erityisen "rockia". Godspeed You Black Emperor! - ja Sigur Rós -viitteet ovat hyvin ymmärrettäviä, ja välillä myös aiheellisia. We Will Carry You Over The Mountains on mainittujen yhtyeiden albumien tavoin kokonaisuus, jossa ei olisi ollut tarpeen nimetä tai edes indeksoida biisejä. Yhdestä 46 minuutin tiheätunnelmaisesta ja erinomaisesti dramatisoidusta tripistä tässä kuitenkin on kyse.
Tunnelmien vaihtelussa Magyar Posse onnistuu jopa paremmin kuin Sigur Rós uudella ( )-levyllään. Uhkaavien ja lempeiden elementtien saumakohdat on hiottu lähes näkymättömiin; esimerkiksi Enemy Within - ja The Endless Cycle Of Violence -kappaleiden taitteessa miltei väkivaltainen kitaramyrsky muuttuu hyvin nopeasti korvia helliväksi kellopelin kilinäksi, kunnes uhkaavasti suriseva basso rupeaa lähestymään jostain kaukaa. Kyseinen hetki on kuin mestarillinen leikkaus piinaavan trillerin avainkohtauksesta toiseen. Levyn kauneusvirheet ovat pieniä ja yksityiskohdissa: Witchcraft-kappaleen sanaton mieslaulu kuulostaa tarpeettoman humalaiselta ja paikoitellen symbaalit saisivat iskeä äänekkäämmin, voimakkaammin.
Magyar Possen musiikin selkeä melodisuus tekee siitä helposti kuunneltavaa ja yhtyeen esteettinen ymmärrys on ensiluokkaista. We Will Carry You Over The Mountains on levy, jota eivät määritä aika ja paikka, vaan mielentila.
4/5 Tero Alanko